L'industrie pharmaceutique requiert le niveau de propreté et d'hygiène le plus élevé. Les processus de production et de contrôle ont certes connu des avancées considérables, diminuant les risques d'infection et de contamination pour les consommateurs. Néanmoins un élément invisible de la chaîne d'approvisionnement est remis en question ces derniers temps, la palette. En effet, les palettes en bois ont été maintes fois mises en cause dans le rappel de centaines de milliers de produits de grands groupes pharmaceutiques. Le but premier de l'utilisation de la palette dans l'industrie pharmaceutique est de permettre un mouvement rapide des produits en les rendant accessibles aux outils de manutention comme le chariot élévateur ou la transpalette. Les palettes peuvent être principalement fabriquées à partir de quatre matériaux différents qui présentent des avantages et des inconvénients en fonction du domaine d'activité, le bois, le métal, le plastique et le carton.

Palette en bois, palette Ă  risque :

La palette en bois est la plus utilisée mais aussi celle qui présente le plus d'entraves à l'hygiène, notamment dû à ses propriétés d’absorption. Les scientifiques estiment que si le taux d’humidité absorbé par la palette dépasse un léger seuil, elle devient un abri parfait pour le développement et la prolifération de bactéries de toutes sortes comme la salmonelle, listeria, ou E.Coli. Ces virus pathogènes sont extrêmement nocifs pour les denrées alimentaires et pharmaceutiques. Pour éviter ce cas de figure, les palettes sont fumigées et traitées au préalable en utilisant des produits chimiques tel que le TBP 2,4,6-tribromophenol.

Un traitement aux conséquences désastreuses :

En effet, les analyses ont révélé que si le taux d’oxydation des palettes dépassait le seuil de 13%, une prolifération fongique sera engendrée et le 2,4,6-tribromophenol (TBP) réagira et produira du 2,4,6-tribromoanisole (TBA) un élément chimique très volatile qui contamine les produits leur assignant une odeur de moisi associée à plusieurs cas de nausées, de vomissement et de diarrhées. Les premiers cas sont recensés en 2011 par le géant américain du pharmaceutique Johnson and Johnson suite à des plaintes de consommateurs permettant ainsi d’en identifier la cause. S’en suivirent de nombreuses plaintes du même type envers d’autres mastodontes de l’industrie pharmaceutique tel que Depomed ou encore Pfizer. On estime que pour la seule année de 2011, la contamination des palettes en bois a coûté plus d'1 milliard $ à l’industrie pharmaceutique sans prendre en compte les sérieux coups portés à la réputation des marques concernées.

Johnson and Johnson a dû rappeler 5.3 millions de bouteilles de Tylenol, de Motrin et de Benadryl aux Etats-unis, aux Emirats arabes unis et dans les îles Fidji.

Depomed a rappelé pour l’équivalent de 3 millions $ de Glumetza, son produit phare contre le diabète durant l’année 2011.

Pfizer a rappelé 360.000 bouteilles de Lipitor, médicament utilisé pour baisser le cholestérol durant la même année et qui depuis n’utilise plus de palette en bois.

Choisir le type de palettes idéal pour une application pharmaceutique n’est pas chose simple. Il s’agit de comprendre les risques de contamination des palettes en bois, de prendre en considération le très faible taux de friction des palettes en plastique et d’évaluer les besoins en maintenance qu’exige l’utilisation de palettes en métal.